Imaginez, simplement : vous vous réveillez, comme d’habitude vous consultez vos mails. Sauf que là, vous voyez que quelqu’un que vous connaissez vous a envoyé un e-mail. Jusque là, rien d’incroyable, d’autant plus que cette personne vous la connaissez plutôt bien, vous la voyez tous les jours, il est déjà arrivé qu’elle vous aide quand vous aviez besoin d’un coup de main… Une de ces personnes comme on en côtoie tous les jours, avec qui on a développé un petit lien d’affection à force de partager avec elle des moments de la vie de tous les jours. Une sorte de connaissance en d’autres termes, un collègue. Avec elle vous exercez une certaine relation de confiance, mais ce n’est pas pour autant que vous lui confieriez votre vie. Si ? Vraisemblablement c’est ce vous avez fait, puisque dans ce mail, elle fait état de tout ce qu’elle connaît sur vous. Elle est capable de vous dire où vous étiez il y a trois semaines, où vous comptez partir en vacances…

Si je vous disais que cette personne, c’était Google ? Eh oui, ce site que l’on utilise tous les jours n’est pas que cela, c’est aussi une personne, une personne morale, lorsque l’on envoie quelque chose à Google, on l’envoie à la personne Google. Justement, le fait qu’elle soit une personne morale la rend encore plus puissante, il est difficile de savoir où son champ de vision commence, et où il s’arrête.  Et sur ce champ imprécis Google, observe, il enregistre, il regroupe, il analyse, il revend, il envoie des mails qui nous rappellent parfois, qui est le puissant.

Tout cela on le sait tous très bien, à l’école désormais on apprend aux plus jeunes à faire attention à leur vie privée sur internet, et de très bonnes alternatives à Google existent maintenant comme Qwant, qui illustre parfaitement dans sa pub, ce que Google détient sur chacun d’entre nous.

Moi-même on m’a sensibilisé pendant ma scolarité à ces problématiques. Toutefois, ce matin, j’ai reçu le mail le plus flippant de ma vie. L’envoyeur c’était une personne que je connais bien, c’est bien sûr Google. J’utilise ce moteur de recherche et quasiment tous les produits Google (Gmail, YouTube, Maps, Drive…) depuis plusieurs années, davantage encore maintenant que je possède un smartphone qui fonctionne sous Android. Donc autant dire que maintenant, la firme de Mountain View en connaît un paquet sur moi. J’essaie néanmoins de limiter ce qu’elle enregistre sur moi, en bloquant l’enregistrement en ligne de mon historique web notamment.

Toutefois, il arrive des jours, où cette personne décide de vous envoyer un mail, par lequel elle vous apprend qu’elle connaît encore plus de choses sur vous que vous n’imaginiez.

Ce mail, ce matin, était intitulé « Retour sur votre mois de novembre ». Ce genre de formulation on en est habitué avec les souvenirs de Facebook ou ces genres de choses. Mais là, je dois avouer que j’ai été stupéfait. Non ce n’était pas simplement une photo que j’ai publié sur Google+, ou un commentaire que j’ai posté sous une vidéo YouTube. C’était un historique ultra-complet de mes déplacements du mois de novembre !

Google c’est aussi Google Maps, ça se révèle sympa quand on est perdu avec ses potes sur les routes de campagnes. Mais Google en faisant cela enregistre TOUS vos itinéraires, c’est sans cesse en train de vous géolocaliser, même lorsque vous n’avez rien demandé, pour au final sortir un mail avec des statistiques qui vous glacent le sang.

Ainsi, Google s’est permis de me rappeler ce matin, qu’à telle date, j’étais dans ce bar près de chez moi, ou qu’à cette date j’étais dans tel restaurant. Vous savez ce sont ces petites notifications que l’on reçoit lorsque l’on se balade quelque part, et que Google nous propose de déposer un avis ou de publier des photos du lieu que l’on est actuellement en train de visiter ? Evidemment lors de ces moments on est en train de faire autre chose, alors un petit slide et la notif n’est plus, le signe que Google est en train de faire une copie de votre vie privée s’efface.

Ce mail a été aussi l’occasion pour moi de savoir combien de temps j’ai passé en transport, et combien de kilomètres j’ai marché. Preuve encore, que les algorithmes ne s’arrêtent jamais de tourner.

C’est peut être sympa de gagner du temps avec un moteur de recherche et des produits qui nous connaissent bien, mais personnellement, ce mail m’a fait réalisé que je ne souhaite pas troquer ma vie privée, cette chose qui me distingue, qui m’appartient, contre des services.

Alors, certes nous pourrions tous nous déconnecter de ces réseaux, mais cela reste une solution assez précaire. Il est possible aussi de changer de prestataire, ou alors de limiter ce que vous accordez à Google et aux autres. Puisqu’en effet, si ces services agissent de la sorte c’est le plus souvent parce qu’ils ont notre autorisation. Une autorisation souvent acquise sans vraiment de précisions, dans un éclair. Par conséquent, une partie de votre vie privée peut être retrouvée en touchant à quelques réglages.

Pour le cas de Google Maps, le réflexe est d’aller dans les paramètres de l’application, et effectivement, en accédant au menu déroulant en cliquant à gauche du champs de recherche de l’app, il est possible de voir « Vos trajets », d’ouvrir les paramètres utilisateur, pour effacer l’historique des localisations, et désactiver le suivi.