Processeur d’ordinateur : quel est le plus ancien ? Découvrez l’histoire

30 janvier 2026

Ingénieur âgé examinant un processeur vintage des années 1970

En 1971, un circuit intégré portant la référence 4004 marque une rupture dans l’industrie informatique. Conçu par Intel, ce composant tient sur une simple puce de silicium et centralise des fonctions auparavant réparties sur plusieurs modules.

Cette avancée technologique n’est pas née d’un projet informatique, mais d’une commande de calculatrice. Pourtant, elle inaugure une lignée d’innovations qui façonneront le paysage numérique mondial. L’évolution des processeurs suit alors un rythme inédit, bouleversant les usages et les performances des machines.

Aux origines de l’informatique : quand tout a commencé

La histoire informatique prend racine bien avant l’apparition des microprocesseurs. Dès le cœur du XXe siècle, une poignée d’ingénieurs et de chercheurs s’attaquent à la question du calcul automatisé. Les premiers ordinateurs électromécaniques, à l’image du Z3 conçu par Konrad Zuse en 1941, reposent sur des relais avant que les tubes à vide ne viennent accélérer la cadence. Ces machines imposantes, fragiles et bruyantes préfigurent une métamorphose.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer), mis au point par John Mauchly et J. Presper Eckert à l’université de Pennsylvanie, déploie près de 18 000 tubes à vide pour effectuer des opérations à une vitesse inégalée. Les cartes perforées, qui servent à la programmation et au stockage, témoignent d’une complexité croissante.

Bien plus tôt, en Europe, Ada Lovelace et Charles Babbage imaginaient déjà la machine analytique, véritable ancêtre conceptuel de l’ordinateur, même si elle ne vit jamais le jour. Les décennies suivantes verront défiler des révolutions techniques : après les tubes à vide viennent les transistors, puis les circuits intégrés. L’invention du transistor par John Bardeen, William Shockley et Walter Brattain aux Bell Laboratories va bouleverser l’électronique.

La miniaturisation s’accélère encore grâce aux travaux de Jack Kilby (Texas Instruments) et Robert Noyce (Fairchild Semiconductor), qui développent respectivement le circuit intégré et le circuit intégré monolithique. La microélectronique prend son envol.

Voici quelques repères majeurs qui jalonnent ce parcours :

  • 1941 : Z3 de Konrad Zuse, premier ordinateur électromécanique programmable
  • 1945 : ENIAC, premier calculateur électronique généraliste
  • 1958 : invention du circuit intégré par Jack Kilby

En quelques décennies, le système informatique change d’échelle et prépare l’arrivée du microprocesseur, capable de condenser la puissance de calcul de plusieurs armoires dans un composant minuscule.

Quel est le tout premier processeur d’ordinateur ? Retour sur une invention qui a tout changé

Un tournant s’opère en 1971 : le premier microprocesseur commercialisé voit le jour, sous le nom d’Intel 4004. Derrière cette innovation, une équipe internationale réunissant Ted Hoff, Federico Faggin, Stanley Mazor et Masatoshi Shima travaille à répondre à la demande de la société japonaise Busicom pour une calculatrice de nouvelle génération. Intel, alors spécialisé dans la mémoire, ose une proposition radicale : un circuit programmable universel, capable d’exécuter différents ensembles d’instructions.

Le 4004 renferme dans une surface minime des milliers de transistors. Il inaugure la famille des processeurs intégrés, capables d’assurer seuls le calcul et la gestion de nombreux périphériques. Pour la première fois, toute l’intelligence de la machine tient dans une seule puce standardisée : une révolution silencieuse, mais déterminante.

Le microprocesseur devient d’un coup le moteur de l’électronique moderne. Finies les logiques câblées rigides : la flexibilité logicielle prend le dessus. En très peu de temps, la puissance de calcul se démocratise, s’adapte, se multiplie. Le Intel 4004 atteint une fréquence de 740 kHz et peut adresser 4 kilooctets de mémoire, une prouesse technique pour l’époque. Cette avancée fait basculer toute l’industrie dans une nouvelle ère, marquant le départ d’une compétition effrénée entre les acteurs du secteur.

Quel est l’évolution des microprocesseurs : des débuts modestes aux prouesses d’aujourd’hui

En l’espace de cinquante ans, le microprocesseur passe d’objet rare à moteur universel de la société numérique. Après l’Intel 4004, de nouveaux jalons s’imposent avec fracas. L’Intel 8080 alimente l’Altair 8800, premier micro-ordinateur accessible aux passionnés. L’Intel 8088 s’installe ensuite au cœur de l’IBM PC dès 1981, amorçant la vague des ordinateurs personnels.

Certains modèles entrent dans la légende : le MOS Technology 6502 propulse l’Apple II et le Commodore 64, le Motorola 68000 fait tourner l’Apple Macintosh. Les années 1990 voient émerger le Pentium d’Intel, qui se distingue par des instructions plus élaborées et une gestion avancée de la virgule flottante. AMD répond à la surenchère avec ses architectures Athlon puis Ryzen, rendant la concurrence plus que jamais dynamique.

La démocratisation du micro-ordinateur, puis de l’ordinateur personnel, transforme en profondeur les habitudes et les attentes, tout en déclenchant une course à la performance et à l’innovation. Aujourd’hui, les architectures se diversifient : Core i7, Core i9, Xeon chez Intel, et la percée spectaculaire d’ARM, né chez Acorn Computers, qui s’impose dans la mobilité et l’embarqué, jusqu’à équiper les plus récents Macintosh d’Apple.

La loi de Moore, formulée par Gordon Moore, continue d’orienter le secteur : le nombre de transistors double tous les deux ans, entraînant la puissance de calcul vers des sommets inimaginables il y a quelques décennies. Cette dynamique bouscule les systèmes d’exploitation, le matériel et l’ensemble de l’innovation numérique, bien au-delà de la micro-informatique originelle.

Main gantée tenant un microprocesseur ancien avec plans et calculatrice

Pourquoi le processeur est devenu le cœur de l’innovation technologique

À la fin du XXe siècle, le processeur s’impose comme le centre névralgique de l’informatique. Chaque avancée, qu’il s’agisse d’une évolution architecturale ou d’une finesse de gravure accrue, ouvre de nouveaux horizons. Le processeur ne se limite plus aux ordinateurs : il est désormais omniprésent, de la téléphonie mobile aux objets connectés, des véhicules autonomes aux serveurs cloud, en passant par la recherche scientifique.

Les géants du secteur, Intel, AMD, Apple, ARM, rivalisent pour repousser les limites. Leur terrain de jeu : augmenter le nombre de transistors, réduire la consommation énergétique, affiner la gestion de la mémoire et maximiser la puissance de calcul. La Loi de Moore reste la boussole : doubler la densité des transistors tous les deux ans et maintenir le rythme de l’innovation.

Ce progrès constant influe sur la conception des systèmes d’exploitation, la sécurité informatique, la gestion des données massives. Les avancées en intelligence artificielle ou en simulation dépendent directement de ces prouesses. Les processeurs ARM, héritiers d’Acorn Computers, brillent aujourd’hui par leur sobriété énergétique et leur domination dans la mobilité, tandis qu’Intel et AMD se livrent une bataille acharnée pour la performance brute.

Désormais, le choix d’un processeur révèle un arbitrage permanent entre puissance, efficacité et polyvalence. Cette rivalité anime tout le secteur technologique et, au fond, façonne les contours de notre quotidien connecté. Le futur s’écrit à la cadence de ces cœurs de silicium, capables de transformer chaque avancée en nouvel usage.

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