A l’heure où Resident Evil : Revelations s’apprête à sortir sur consoles HD, il est temps de faire un petit point sur l’une des plus grandes sagas de l’histoire du jeu vidéo, ainsi que sur son avenir qui semble être plus que compromis.

Mais qu’est-ce qu’un Resident Evil ?

Revenons tout d’abord sur ce qui fait un Resident Evil, la recette originale. Et pour cela, quoi de mieux que d’évoquer la révolution Resident Evil 1 ?

Sortit en 1996 au Japon sous le nom Biohazard, Resident Evil est le créateur du genre « survival horror ». Un chef d’œuvre inattendu, sur tous les points : il est d’ailleurs l’un des premiers à avoir obtenu 100% dans le magazine Joypad. Ses points forts : des graphismes absolument fabuleux pour l’époque, grâce à des décors en 3D pré-calculée et des animations d’une fluidité exemplaire, un scénario en béton, des énigmes étonnantes, une alternance parfaite d’action et de passage de « rien », et surtout, une ambiance glauque et flippante à souhait. Rappelons par exemple cette séquence culte que l’on ne présente plus : celle des chiens bondissant dans le corridor, moment ayant causé bien des crises cardiaques à de nombreux joueurs, où encore l’arrivée mythique des Hunters, ces monstres emblématiques de Resident Evil.

Influences hitchockiennes, vous avez dit ?

Resident Evil a la capacité de plonger le joueur dans une ambiance terrorisante, qui inflige une telle angoisse qu’il devient impératif de s’arrêter par moment ; et ceci malgré le fait que la peur soit basée sur le jumpscare (peur brève et intense, comparable au sursaut).

Les volets suivants sont du même registre. On reprend la recette qui marche, et ça fonctionne ! En effet, bien que plus branchés action, Resident Evil 2, Resident Evil 3, Resident Evil Code Veronica et Resident Evil 0 continuent à nous enfoncer dans un scénario de plus en plus tortueux, dans des décors de plus en plus sombres et glauques, et c’est le bonheur. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, aucune forme de lassitude ne s’installe, et on en redemande encore et encore.

Le tournant de la saga : Resident Evil 4.

Et voici qu’arrive, une belle année de 2005, LE jeu. Resident Evil 4, celui qui a tout changé. Il fallait un tournant majeur dans la saga, et le voilà : après quatre bêtas différentes (dont trois seulement ont été présentées) et un développement plus ou moins archaïque, le voici. Le jeu le plus branché action de toute la saga, certes, mais quel jeu !

Plus de décors en 3D pré-calculé. Plus de zombies, mais des « infectés ». Des graphismes magnifiques, une vue en caméra par dessus l’épaule, une ambiance légèrement moins glauque et moins effrayante mais néanmoins sombre, un gameplay du tonnerre.

Certes les puristes ont crié au scandale, et ils ont quelque part eu raison, car c’est un peu l’essence même de Resident Evil que l’on perd. Et pourtant, il s’agit de l’un des meilleurs jeux d’actions à tout point de vue. Des nouveautés partout, tels la disparition des malles, l’apparition du marchand (tous les joueurs se souviendront du mythique « Welcome, stranger ! »), la possibilité d’interagir pour de vrai avec le décor, le changement de gameplay en fonction du cycle jour/nuit… Du plaisir à l’état pur.

Ce jeu aurait pu laisser présager un avenir radieux pour la saga, et pourtant ! Voici qu’arrive en Europe, en ce funeste de jour de mars 2009, Resident Evil 5. Une minorité dira qu’il s’agit malgré tout d’un bon jeu d’action, une majorité dira que ce n’est ni un bon Resident Evil (ou plutôt qu’il ne s’agit en AUCUN POINT d’un Resident Evil), ni un bon jeu d’action. Et ils ont hélas raison.

Où est passé l’horreur ? Où est passé le glauque ? Où sont passés les zombies ou les infectés ? Où est passé le frisson ?

Resident Evil 5 est un simple jeu de tir avec des phases s’apparentant à du beat’em all, où l’ont contrôle un Chris Redfield dont les tours de bras sont au moins quatre fois égaux à l’épaisseur de cuisse d’un catcheur, accompagné d’une Sheila qui ne sert absolument à RIEN mis à part vous gâcher la vie et ajouter de la difficulté là où elle n’a pas lieu d’être, où l’on avance à coup de QTE (Action rapide où il faut effectuer une certaine combinaison de touche dans un temps limité) qui cassent un rythme déjà absent, et en plein jour. Navré messieurs, mais mettre trois, quatre mouches au-dessus d’un corps en décomposition, cela ne fait pas un survival horror. Sans compter le scénario totalement improbable qui nous est servit, évidemment. Le pire de tout est certainement la première phase du boss final (alerte spoil: )

Sérieusement, c’est censé être un zombie ça ?

franchement, un boss de fin en QTE… c’est moche. En réalité, le seul moyen d’apprécier le jeu est d’y jouer en coop’ (premier Resident Evil du nom à instaurer cette fonctionnalité), ou bien de lui rouler dessus avec une voiture en l’entendant crier de douleur.

Resident Evil 6, sortit en Europe en octobre 2012, n’arrange pas la situation. Et ce n’est pas le retour de la coop’ qui peut le sauver. Une prise en main IMPOSSIBLE sur PC, le retour de nos amis les QTE, un scénario qui ne va pas chercher loin, une ambiance sonore quasiment absente si elle ne l’est pas totalement, des énigmes d’une simplicité affligeante et une IA (Intelligence Artificielle) très très négligée et truffée de beugs viendront achever le jeu. Néanmoins, on retrouve les zombies, et ça, ça fait vraiment plaisir. Une autre nouveauté, et pas des moindres, on peut tirer en bougeant. Dans le même registre, les dialogues sont pour la première fois en Français, et l’on bénéficie d’un vrai tutoriel. Dommage qu’il s’agisse des seuls points positifs…

Cependant, il arrive parfois que les rêves deviennent réalité : Resident Evil : Revelations (qui, comme tous les jeux portant ce titre, contient très peu de révélations), sortit sur 3DS en janvier 2012, est la lueur d’espoir qu’attendaient les fans.

Resident Evil Revelations : l’avenir de la saga ?

Autant le dire tout de suite : Revelations est un Resident Evil. Cela paraît quelque peu étrange de le dire ainsi, mais les derniers épisodes nous conféraient un léger doute quant à leur appartenance. Néanmoins, cet épisode sortit en premier lieu sur 3DS réconcilie les fans avec la saga.

Il préfère s’inspirer des premiers volets plutôt que des récents, et c’est déjà un grand pas qui est franchit. Certes, des parts d’ombre viennent le ternir, comme les dialogues ne

Avec le retour de nos amis les Hunters !

volant pas très très haut parfois, les personnages assez caricaturaux qui empêchent le développement de l’intrigue, et cette dernière qui n’arrive pas à porter le joueur. On se laisse donc aller avec légèreté dans cette aventure, entre des binômes changeants au fil de l’intrigue et une histoire oscillant entre présent et passé. Mais la difficulté est accrue, les armes traditionnelles sont bel et bien là tout comme les énigmes qui ont tant fait la renommée de ce jeu : en clair, on aime. Et on aime encore plus la sortie de Resident Evil : Revelations sur les consoles HD le 24 mai prochain, avec en prime un contenu exclusif.

Si ce dernier volet est celui qui annonce le septième en cours de développement, on dit oui.

Alors qu’attend-on de ce volet à venir ? On peut espérer le retour d’une bonne vieille ambiance glauque et terrifiante, même si l’espoir de revenir dans le survival horror est vain, on le sait. Les rumeurs vont bon train : on parle d’un Reboot de Resident Evil dans un monde ouvert. Oui, vous avez bien lu ! Il faut croire que Capcom a enfin compris ce qu’attendaient les joueurs (d’ailleurs, pour avoir leur opinion, il suffit de regarder les faibles ventes de Resident Evil 6). On peut espérer un scénario un peu plus recherché, qui nous fait avancer vraiment dans l’histoire des Resident Evil, une maniabilité telle que celle instauré dans Resident Evil 5, un jeu qui n’est pas constitué que de QTE ou de rail shooter (phases de tir où le personnage est placé à l’arrière d’un véhicule), et qui fait autrement peur que par son gameplay.

En clair, il est toujours compliqué de réconcilier les fans après des épisodes chaotiques, et surtout de tenir compte de leurs exigences : néanmoins, on peut attendre de ce Resident Evil 7, prévu pour 2015, un léger retour aux sources de la série. Il est certain que l’on ne retournera probablement jamais au vrai survival horror et à tous ces éléments qui ont fait le succès des premiers Resident Evil, et que l’avenir de la saga n’est pas assuré, mais ce prochain volet saura presque sans aucun doute séduire autant les fans que les nouveaux venus.

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